L’excellent communicateur

Je n’ai pas besoin de rappeler comment Barack Obama est un excellent communicateur. Tout le monde le sait.

La communication, c’est l’art de choisir le bon canal pour permettre de transmettre le bon message d’un bon émetteur vers un bon récepteur au bon moment. Facile !

Beaucoup d’ennuis communicationnels proviennent de l’incapacité à aligner les planètes pour s’assurer d’avoir un bon écosystème communicationnel. Souvent, le moment est mal choisi, le destinataire peu attentif, l’interlocuteur est non crédible, le canal ne se rend pas au bon destinataire ou le message est flou. Bref, suffisament de bruit pour rendre la communication inefficace.

Prenons l’exemple provenant d’un article sur Cyberpresse

Le succès d’Obama provient de son énorme capacité d’écoute jumelée à une intelligence émotionnelle foudroyante. Décortiquont l’événement  :

Obama a très bien choisi son canal : la discussion un à un.

M. Obama répondait aux questions de l’assistance lors d’une réunion publique à Green Bay quand il a donné la parole à John Corpus.

Le père a pris la peine de mentionner que sa fille avait raté de l’école pour venir voir le président. Mentionner ce fait indique que le père n’est pas très à l’aise de le faire parce que l’école est importante pour lui, mais qu’il juge que le fait que sa fille voit Obama de ses propres yeux est encore PLUS important. Comment réagi Obama  ?

«J’ai la chance d’être ici avec ma fille de 10 ans, elle manque son dernier jour d’école pour ça, j’espère qu’elle ne va pas avoir d’ennuis, a dit John.

- Oh non ! s’est exclamé M. Obama.

- Si.

- Vous avez besoin d’un mot de ma part ? a demandé M. Obama au milieu des rires de l’assemblée.

- Chiche, Monsieur le président.

- D’accord, allez-y. Je m’y mets tout de suite. Comment s’appelle-t-elle ?

- John Corpus…

- Non, elle…», a rectifié M. Obama.

John Corpus a alors entrepris de poser sa question, quand M. Obama l’a arrêté: «Non, non, c’est sérieux, comment s’appelle-t-elle ?» Kennedy ? «C’est cool comme nom», a lâché M. Obama.

Barack Obama a pris le temps d’écouter et d’analyser ce qui motivait les gestes de John Corpus. Ce n’est pas sa question qui compte, ce n’est pas le fait qu’il voit Obama qui compte, c’est le fait que Obama représente l’espoir, cet espoir d’un avenir meilleur pour ses enfants, dont Kennedy. Les politiques d’Obama risquent de changer drastiquement le peuple américain. En environnement, en santé, dans le monde financier, Obama représente l’espoir d’un avenir meilleur pour les jeunes générations.

John Corpus a sacrifié une journée d’école pour donner l’expérience d’une vie à sa petite fille : Rencontrer Obama, ce grand homme. Qu’a fait Obama ?

Quelques instants plus tard, Kennedy traversait la foule pour recevoir des mains de M. Obama le billet qu’il avait rédigé pour elle pendant que son père interrogeait le président sur le temps qu’il faudrait pour réformer le système de santé.

Il a répondu au souhait caché de John Corpus… Fabuleux ! Dans cet exercice, Obama a :

  • Choisi le bon canal : Conversation un à un, intime
  • Transformé un récepteur en bon récepteur : Il a plus que répondu au souhait de John, le rendant réceptif au message
  • Adapté l’émetteur à l’environnement : Il a écouté son environnement et adapté son intervention
  • Utilisé un bon message : Il l’a adapté à son interlocuteur (“C’est cool comme nom”)

Obama n’est pas un bon communicateur parce qu’il est supérieur à nous tous, il est un bon communicateur parce qu’il connait et maîtrise la recette. Et apprendre une recette peut se faire par n’importe qui, suffit d’y mettre le temps et l’effort.