Communiquer le vide

ThreeMonkeysJe n’écoute pas la commission Bastarache. Je lis Cyberpresse et j’écoute Paul Arcand le matin (avec Jean Lapierre entre autres). Même si je suis ultra intéressé à connaitre qui est le méchant dans toute cette histoire, il y a un truc qui ne me revient pas : C’est de voir à quel point tout ce cirque n’est qu’un écran de fumée…

Qu’a-t-on vraiment appris à présent ? Que les gens influents influençaient les élus ? Que l’argent est un excellent laissez-passer (ou laissez-aller) pour obtenir ce qu’on veut ? Ah bon… et puis ?

Qui est surpris ? Suis-je choqué ? Non. Suis-je blasé ? Non. De tous les temps, l’influence a été un moteur direct permettant d’obtenir ce qu’on veut. Ponce n’a-t-il usé d’influence envers Judas ?

Ce qui me perturbe, c’est le dialogue de sourd qui se déroule. L’étirement du verbe, la longueur de la prose, la confirmation de l’évidence et la mise à l’épreuve des règles de la commission. C’est long, c’est long… Un extrait recueilli sur Cyberpresse est éloquent de la procédurite qui s’est emparé de la commission :

Devant un commissaire Bastarache souvent impatient par des questions bien éloignées du processus de nomination des juges, Me Dugas a expliqué qu’il visait à vérifier «la fiabilité du témoin sur sa mémoire qui est extraordinaire sur certains événements et qui l’est moins sur d’autres».

À voir ce qui se produit à ce moment, je peux prédire la suite de la commission. “Les audiences n’ont pas permis de déterminer avec certitude que des influences ont été posées dans le processus de sélection des juges, par conséquent, aucune accusation ne pourrait être portée. Par contre, il n’en demeure pas moins que des règles plus strictes et un comité indépendant devrait superviser le processus de sélection des juges afin de réduire les influences que pourraient affecter un choix partial.” Ou quelque chose du genre.

Et pourquoi n’y aura-t-il pas de perdants ? Parce que l’absence de perdant fait de tous les acteurs des gagnants : des avocats payés très chèrement l’heure à même les poches des contribuables. Des avocats nommés par le même gouvernement accusé d’avoir intercédé dans le processus de sélection des juges. Des avocats qui, en demandant le statut de participant pour leur client, s’assurent de voir leurs heures payées par l’État. Des avocats qui étirent le processus parce que le compteur tourne.

À la fin de tout ça, qui seront les gagnants ? Les avocats… pour 6 millions de bonnes raisons !