Category: Communication

Kitsch, l’art de faire différent

Kitsch, c’est une boutique de vêtements féminins. Ça a été démarré par Jessika Wilson et Stéphanie Dubreuil comme  un projet  de fin d’études. Kitsch, c’est le rêve de deux entrepreneures qui savaient qu’elles allaient créer une marque forte et non conventionnelle.

Depuis leur démarrage en début 2010, elles ont innové, testé, foncé et toujours fait à leur tête dans la commercialisation de leur boutique. Ça a donné des résultats monstres : Une foule énorme lors de l’ouverture très glamour, des collections saisonnières dont les clientes s’arrachent et ce petit bijou promotionnel.

Kitsch Collection printemps 2011

Dans la marée immense de la promotion des collections saisonnières et des promotions traditionnelles, ce type d’approche rafraichi et diverti. Ça donne une idée du mood de la place et du type de relation que les clientes vont avoir avec la boutique.

Good job Jessika et Stéphanie… Ne lâchez pas !

Dévoilement de mes intérêts : Kitsch fait partie de mes clients chez Lubie Vision.

Le Québécois, espèce opprimée

Je ne comprends pas. Nous savons, par certaines études, que la répression ne constitue pas une méthode permettant de changer un comportement. Il s’agit d’une méthode de coercision permettant de faire cesser, immédiatement, un comportement déviant. Par contre, la personne ayant subi la répression peut y voir une injustice et se rebuter encore plus contre l’organe répresseur. C’est pour cette raison que les détenus ont accès à un réseau entier d’accompagnateurs pour se réhabiliter après avoir reçu la mesure répressive. C’est aussi pour cette raison que des professionnels oeuvrent dans le réseau scolaire à accompagner les élèves en difficulté en prévention et en réaction à des échecs.

(Ok, je parle du Parti Québécois plus bas. Je n’ai aucun parti pris, je veux seulement exposer comment une idéologie peu distordre un discours, sur un point de vue purement communicationnel)

Le Parti Québécois, un visage à deux faces

(Doux, doux, c’est juste un titre) Le Parti Québécois a apporté des changements lors de la réforme scolaire en interdisant aux professeurs de faire doubler les élèves dans les années intermédiaires sous prétexte que la répression (redoubler) causait des torts au développement de l’enfant. Le courant socialiste adopté par le PQ est aussi, en général, en faveur d’une réduction de la répression et d’une augmentation de la réhabilitation.

Par contre, le Parti Québécois prône ouvertement le modèle répressif de la loi 101 pour tout ce qui touche la langue au Québec (Ok, même si l’Office de la langue française permet aux entreprises de se conformer à la loi avec un support financier pour faciliter la conformité). Il dénonce aussi le concept d’accès aux écoles passerelles anglophones accessibles aux riches, concept adopté sous la forme de la loi 115 passée sous le baillon par le Parti Libéral.

La répression ne fonctionne pas si appliquée seule

Ce qui ne fonctionne pas dans le discours du Parti Québécois, c’est qu’on doit éviter la répression d’un côté, mais qu’on doit redoubler d’effort pour réprimer l’utilisation de la langue anglaise. C’est prouvé, la répression doit s’accompagner d’une réhabilitation. Qu’est-ce qu’offre le PQ comme outil de réhabilitation pour contre-balancer les désagréments de ne pas savoir parler anglais ? Qu’a à offrir le Parti Québécois aux jeunes qui veulent compétitionner à l’international lorsqu’ils obligent l’utilisation du français et la diminution des opportunités d’immersion pour faciliter l’adoption d’une nouvelle langue ?

La semaine dernière à Tout Le Monde En Parle, Pierre Curzi a démontré à quel point le PQ était coincé dans un dilemne idéologique. Il a affirmé que c’était injuste que des riches puissent accéder à des écoles passerelles anglophones et que les plus pauvres ne puissent y accéder. Ce qu’il sous-tend, c’est qu’il y a un bénéfice à passer par les écoles passerelles. S’il n’y avait pas de bénéfices, on ne parlerait même pas de cette situation. En mettant l’emphase sur l’injustice, il indique que les personnes qui n’y auront pas accès seront désavantagés.

Donc Pierre Curzi démontre que les écoles passerelles anglaises sont assez importantes pour y accorder de l’attention, que les pauvres sont brimés en y ayant pas accès, mais que l’éducation devrait se faire en français, pour respecter la loi 101. Ce que ça démontre, c’est que la prose peut être ajustée à souhait pour les besoins idéologiques, même si l’argumention ne tient pas la route. Nous sommes en présence d’une distorsion de la communication à des fins idéologiques.

Ce que la vie nous apprend

Dans le début des années 1900, les notables étaient presque exclusivement anglais au Québec. Ou plutôt était-ce parce qu’on était anglais qu’on pouvait accéder à un poste notoire puisque c’était la langue d’usage pour le commerce. En ce début des années 2000, avec une mondialisation plus présente, l’avantage compétitif à titre de travailleur provient de la capacité d’interagir avec le monde (comme dans planète, pas comme dans personne). Parler anglais est sexy parce que ça ouvre des portes. Parler anglais est sexy parce que ça rapporte de l’argent.

Si tu es pour réprimer un comportement, tu dois avoir un maudit bon plan de réhabilitation efficace pour justifier tes actions. Si le système scolaire francophone actuel permettait vraiment d’apprendre l’anglais. Si, en tant que Québécois, nous inculquions vraiment une culture de fierté de la langue tout en comprenant l’importance d’apprendre l’anglais à nos enfants, nous pourrions vraiment justifier la répression. Tant que nous allons former des personnes inaptes linguistiquement, nous ne pouvons même pas imaginer utiliser la répression.

Parce que quand on le fait, on s’assure de conserver notre mentalité de conquis, on permet de chiâler contre les méchants anglais, on se vautre dans notre clique-qui-se-comprend-tellement-dans-notre-petite-misère.

Parce que quand on le fait, on ne sonne pas big. On sonne petit. Et être petit, c’est pas comme ça qu’on fait des enfants forts.

Cauchemar PR ou opportunité ?

Ça arrive partout… Des employés, non convaincu que la façon de faire de leur entreprise correspond à leur vision, quittent leur emplois pour devenir travailleurs autonomes et appliquer leur vision au monde.

[singlepic id=11 float=left]Spot.us a créé une communauté permettant à des journalistes indépendants d’être payés pour réaliser un article ou un reportage. Le modèle est très bien décrit ici.

Le concept est intéressant puisqu’il permet au lectorat de déterminer les reportages qu’ils veulent consulter. Exit les choix des éditeurs et des salles de presse. C’est le citoyen qui décide. Tout semble parfait ? Ça reste à voir.

Le retour du pamphlet

Du point de vue du contrôle de l’information, ce nouveau type de communauté risque de créer des maux de tête aux responsables de relations publiques tout en leur donnant certaines opportunités.

Les maux de tête pourraient survenir lorsque des groupes de pressions financeraient à grand frais des articles destructeurs pour l’image de marque d’une entreprise ou d’un secteur de l’industrie. À l’opposé, les entreprises désireuses d’augmenter leur capital de sympathie pourraient financer des journalistes qui proposent des reportages les favorisant.

Le modèle d’affaires de Spot.us, quoique intéressant pour les journalistes, ne permet pas une saine liberté d’expression puisqu’il favorise les riches en permettant à des entreprises fortunées de payer pour qu’un journaliste réalise son reportage. Un débalancement pourrait survenir où, par un apport plus important d’argent, les articles favorisant des entreprises ou leurs marchés seraient réalisés plus rapidements et en plus grand nombre que les articles financés à coups de 20$.

Un modèle d’affaires déjà existant ?

À moins que Spot.us ne clame tout haut ce que nombreux groupes médiatiques font tout bas ? À bien y penser, il est quand même délicat, pour un média, de dénoncer son plus gros annonceur dans un article. 

Avec tous les bouleversements qui surviennent dans les médias traditionnels, Spot.us propose un modèle rafraichit des entreprises médiatiques. Il sera donc intéressant de voir comment Spot.us, avec son absence de politique éditoriale, se développera dans l’avenir mouvementé des médias.

L’opportunité politique

Les communications sont critiques en temps d’élections. Chaque opportunité qu’un candidat a de faire fléchir l’opinion publique est un pas de plus vers une élection (ou une réélection).

Je n’habite pas Montréal et je n’ai pas l’intention de dévoiler quelque appartenance politique municipale, provinciale ou fédérale sur la place publique. Mon billet précédent sur le thème de Louise Harel a été fait sans couleur politique, seulement du point de vue communicationnel. L’équipe de Gérald Tremblay a toutefois aimé, semblerait, puisqu’elle a référé à mon billet dans leur bilan du jour 1.

Louise Harel travaille chez Bell

Madame Harel,

Le thème de votre campagne est très progressiste. Out les “Visons l’avenir” et les “Nous méritons mieux”, en 2009, dans cet univers technologique, on redémarre la ville. Bravo, enfin une politicienne qui innove dans ses thèmes. 1 point pour madame Harel, vous avez innové.

Mais madame Harel, comment puis-je croire en votre capacité à apporter du changement à la ville de Montréal lorsque je prends connaissance de l’explication que vous en donnez ? N’y a-t-il pas un jeune-techno-geek-partisan à qui vous auriez pu demander conseil avant de lancer votre thème ?

En résumé, selon l’article de Lia Lévesque sur Cyberpresse :

«Montréal souffre d’immobilisme, de lenteur, de lourdeur. Et comme un ordinateur, quand la machine est paralysée, quand elle est encombrée, quand elle est erratique, lorsque les fichiers sont corrompus, il n’y a pas mille solutions, il faut appuyer sur «reset» et redémarrer. Voilà ce que nous proposons», a lancé Mme Harel.

Donc si je comprends bien, redémarrer un ordinateur résout tous les problèmes ? Petite leçon d’informatique 101 :

Quand un ordinateur est…

…paralysé, c’est parce qu’il a trop de programmes ouverts de façon concurrente et le système ne peut plus les gérer, ou il a une incompatibilité avec d’autres composantes avec qui il interagit. La solution est de faire le ménage : On ferme des programmes inutiles qui encombrent la mémoire inutilement ou on trouve des composantes favorisant l’interaction avec les autres composantes.

… emcombré, c’est parce qu’il y a trop d’éléments sur le disque pour sa capacité. Il faut alors évaluer les éléments critiques au bon fonctionnement et s’assurer qu’ils ont toute l’espace requis, il faut reconnaitre les éléments qui pourraient être utiles dans un cours délai ou qui sont vraiment performants et leur faire une petite place aussi. Pour le reste, on supprime les éléments qui occupent trop de ressources, ne servent à rien et ne font que ralentir l’ensemble du système.

… erratique, c’est parce que les instructions envoyées par le système d’exploitation central ou par ses programmes de soutien ne sont plus assez claires pour être comprises par les composantes du système. Il faut alors changer le système d’exploitation ou remplacer les programmes de soutien.

… corrompu, c’est parce qu’un élément malveillant extérieur a manipulé les fichiers à son avantage ou le support assurant la qualité des fichiers est défectueux. La solution, mettre en place des mécanismes de protection efficaces et agiles et remplacer le système de support physique interne.

Alors quand vous affirmez qu’il ne suffit que de redémarrer la ville pour régler tous les problèmes, vous me faites penser aux agents du support technique de premier niveau de Bell qui demandent systématiquement de redémarrer l’ordinateur dès les premières étapes de support. S’ils sont chanceux, le redémarrage va avoir effacé les problèmes de la mémoire vive, mais ne les aura pas réglés à la source. S’ils sont très chanceux, ce ne sera pas eux qui auront l’odieux de tenter de résoudre le problème en profondeur lorsque le client rappellera une deuxième fois. Et c’est ainsi que des centaines de Québécois, chaque jour, redémarrent leur ordinateur dans l’espoir de cacher ce vilain problème pas beau à voir du tout.

Une ville, comme un ordinateur, possède plus que mille façons d’être guérie. Redémarrer l’ordinateur est le plus simple et requiert le moins d’effort. C’est quand l’ordinateur ne redémarre plus qu’on reconnait l’intelligence de ceux qui ont su sauver les éléments critiques du système et le manque de prudence de ceux qui ont sifflé bêtement en disant que le système pourrait être redémarré infiniment.

Et vous madame Harel ? Avez-vous prévu une copie de sauvegarde ?

L’excellent communicateur

Je n’ai pas besoin de rappeler comment Barack Obama est un excellent communicateur. Tout le monde le sait.

La communication, c’est l’art de choisir le bon canal pour permettre de transmettre le bon message d’un bon émetteur vers un bon récepteur au bon moment. Facile !

Beaucoup d’ennuis communicationnels proviennent de l’incapacité à aligner les planètes pour s’assurer d’avoir un bon écosystème communicationnel. Souvent, le moment est mal choisi, le destinataire peu attentif, l’interlocuteur est non crédible, le canal ne se rend pas au bon destinataire ou le message est flou. Bref, suffisament de bruit pour rendre la communication inefficace.

Prenons l’exemple provenant d’un article sur Cyberpresse

Le succès d’Obama provient de son énorme capacité d’écoute jumelée à une intelligence émotionnelle foudroyante. Décortiquont l’événement  :

Obama a très bien choisi son canal : la discussion un à un.

M. Obama répondait aux questions de l’assistance lors d’une réunion publique à Green Bay quand il a donné la parole à John Corpus.

Le père a pris la peine de mentionner que sa fille avait raté de l’école pour venir voir le président. Mentionner ce fait indique que le père n’est pas très à l’aise de le faire parce que l’école est importante pour lui, mais qu’il juge que le fait que sa fille voit Obama de ses propres yeux est encore PLUS important. Comment réagi Obama  ?

«J’ai la chance d’être ici avec ma fille de 10 ans, elle manque son dernier jour d’école pour ça, j’espère qu’elle ne va pas avoir d’ennuis, a dit John.

- Oh non ! s’est exclamé M. Obama.

- Si.

- Vous avez besoin d’un mot de ma part ? a demandé M. Obama au milieu des rires de l’assemblée.

- Chiche, Monsieur le président.

- D’accord, allez-y. Je m’y mets tout de suite. Comment s’appelle-t-elle ?

- John Corpus…

- Non, elle…», a rectifié M. Obama.

John Corpus a alors entrepris de poser sa question, quand M. Obama l’a arrêté: «Non, non, c’est sérieux, comment s’appelle-t-elle ?» Kennedy ? «C’est cool comme nom», a lâché M. Obama.

Barack Obama a pris le temps d’écouter et d’analyser ce qui motivait les gestes de John Corpus. Ce n’est pas sa question qui compte, ce n’est pas le fait qu’il voit Obama qui compte, c’est le fait que Obama représente l’espoir, cet espoir d’un avenir meilleur pour ses enfants, dont Kennedy. Les politiques d’Obama risquent de changer drastiquement le peuple américain. En environnement, en santé, dans le monde financier, Obama représente l’espoir d’un avenir meilleur pour les jeunes générations.

John Corpus a sacrifié une journée d’école pour donner l’expérience d’une vie à sa petite fille : Rencontrer Obama, ce grand homme. Qu’a fait Obama ?

Quelques instants plus tard, Kennedy traversait la foule pour recevoir des mains de M. Obama le billet qu’il avait rédigé pour elle pendant que son père interrogeait le président sur le temps qu’il faudrait pour réformer le système de santé.

Il a répondu au souhait caché de John Corpus… Fabuleux ! Dans cet exercice, Obama a :

  • Choisi le bon canal : Conversation un à un, intime
  • Transformé un récepteur en bon récepteur : Il a plus que répondu au souhait de John, le rendant réceptif au message
  • Adapté l’émetteur à l’environnement : Il a écouté son environnement et adapté son intervention
  • Utilisé un bon message : Il l’a adapté à son interlocuteur (“C’est cool comme nom”)

Obama n’est pas un bon communicateur parce qu’il est supérieur à nous tous, il est un bon communicateur parce qu’il connait et maîtrise la recette. Et apprendre une recette peut se faire par n’importe qui, suffit d’y mettre le temps et l’effort.