Bulle technologique 2.0

Dot-Com bubble chart

L’histoire se répète. Je n’apprends rien de nouveau à personne. Je suis tombé sur un article de PR-squared qui tente de faire la part des choses sur la mobilisation (est-ce vraiment le terme ? Rendre les individus mobiles en tout cas) des individus.

D’un côté, Wired Magazine qui affirme haut et fort que le Web est en train d’être remplacé par les applications pour téléphones mobiles. De l’autre, Fast Company qui affirme que le marché des applications n’est pas aussi le Klondike qu’on pourrait penser.

À lire, les articles, je me revois au début des années 2000 dans les guerres d’idéologies de ce que sera le Web du futur avec des start-ups qui démarrent des produits à grands coups de capital de risque. Des modèles d’affaires à peine vérifiés qui sont financés pour s’assurer d’être le prochain Amazon (Oui, oui, on voulait être le prochain Amazon en 2000).

Qu’a-t-on appris en 200o qu’on pourrait appliquer dans le cadre des applications mobiles ? Quelques exemples :

  1. Un modèle d’affaires médiocre hors ligne ne sera pas nécessairement meilleur en ligne
  2. Les grandes réussites viennent de l’intelligence des affaires, de l’écoute des utilisateurs, du flair permettant de suivre la subtile odeur de l’engouement et de l’audace de foncer à l’aveuglette, non pas de la capacité de faire du bon code. Rien de différent d’une entreprise traditionnelle.
  3. Une offre pauvre suscitant un faible engagement de l’utilisateur est un gage d’échec, même si l’application est hot !
  4. L’industrie du Web a besoin de bulles pour supporter les millions d’emplois qui la compose.
  5. L’utilisateur final a un besoin frénétique de nouveauté

Le modèle économique des applications pour téléphones mobile est entièrement centré sur la capacité des grands fabricants et des distributeurs d’entretenir la bulle. Apple a amélioré sa position dans le marché du cellulaire en assurant un apport phénoménal d’applications. Des compagnies comme Rogers dénigrent, dans leurs publicités, les abonnés de cellulaire qui n’ont pas accès à Facebook sur leurs téléphones.

Tout cet effort pour supporter la croissance de téléphones évolués générant des revenus accrus dans la consommation de données mensuelles. Mais est-ce viable ?

Suivre ou ne pas suivre

Les entreprises sont coincées. Elles risquent de se priver de l’attention de milliers de clients potentiels si elle n’a pas d’application et elles risquent de ne pas faire d’argent en développant une application. Le salut réside dans le développement d’application mobile non pas pour leur utilisation, mais pour la notoriété qu’elles apportent à l’entreprise. Le nombre de personnes de 30 ans et moins qui m’indiquent qu’une compagnie sans site Web sera écartée de facto du processus d’achat. Pour une entreprise, le site Web n’apporte pas nécessairement une vente directe, mais confirme que le choix émotif de la marque est directement en reliée avec l’idée que les gens se font d’une entreprise à jour, proactive, sensible aux besoins des clients et avant-gardiste.

Les application joueront ce rôle. Pour une certaine durée du moins puisque, comme la majorité des plateformes de diffusion, l’intérêt de l’utilisateur s’effritera exponentiellement, soit parce que le prochain gizmo sera disponible, soit parce qu’il pognera un mal de coeur d’offre-produits, une overdose de produit consommables qui lui fera perdre tout intérêt au modèle actuel. Il aura alors le pouvoir de déterminer quelle sera la prochaine bulle. Et à voir la vitesse à laquelle l’industrie s’adapte aux changements rapide des intérêts des utilisateurs, les prochaines années risquent d’être encore plus virevoltantes.